Heureux les orphelins

Création 2022 // Théâtre de l’Atelier – Paris

Juillet 2023 // Festival OFF d’Avignon

Le mythe d’Electre et Oreste aujourd’hui : une histoire de vengeance sans violence, où les mots sont des armes

Ce soir, Electre retrouve son frère Oreste, mais l’ombre de leur mère plongée dans le coma plane sur leurs retrouvailles. 
Cette nuit, un éclair va percer à travers les songes d’Electre, apportant une lumière nouvelle sur la disparition de leur père. Il n’atteindra pas Oreste, veillant pour écrire les éléments de langage attendus par son ministre. 
Demain, la voix d’Electre devra convaincre Oreste d’agir, et se frayer un chemin parmi les paroles vides de sens et les propos insaisissables auxquels elle se heurtera.
Ce sera alors le moment de faire éclater la vérité, en opposant les mots qui révèlent au silence qui tue.

Une adaptation d’Electre mêlant la langue de Jean Giraudoux aux propos de dirigeants politiques ou à la novlangue managériale, qui interroge la relation entre langage et vérité.

Texte et mise en scène Sébastien Bizeau

Avec Jean-Baptiste Germain, Matthieu Le Goaster, Paul Martin, Cindy Spath et Maou Tulissi

Lumières Tristan Ligen

"Eblouissant. Un merveilleux moment de théâtre, fascinant et foisonnant" Publikart
"Une pièce magistrale, puissante et captivante. Vous n'en reviendrez pas !" Prestaplume
"Un très beau moment de théâtre, à ne pas laisser passer" RegArts
"Ambitieux et très réussi, surprend par sa modernité et sa virtuosité" Le cœur et la plume
"Un véritable coup de cœur, que vous devez absolument venir voir !" Radio Raje Avignon
"Il faut retenir le nom de cette compagnie. L'ensemble est fort intéressant" A bride abattue
"Prodigieusement intéressant... riche d’inventivité" Le Monde du ciné
"Tranchants, actuels, des mots qui façonnent les destinées" La Nouvelle Claque
"Une vraie création originale, une véritable performance théâtrale" Prends_taplace
"Un très beau spectacle, au subtil équilibre entre émotion, réflexion et humour" Le strapontin

« Je veux imposer la vérité crue, nue, à ceux qui n’ont rien demandé. A ceux qui ont fermé les yeux. Qui nous ont répondu que ce n’était rien que des mots. »

Electre

Note d'intention

Le langage est aujourd’hui au cœur d’un paradoxe : omniprésent dans un monde que l’on dit marqué par l’« hyper communication », mais souvent impuissant à exprimer les faits et avoir une prise sur le réel. Éléments de langage en politique, novlangue managériale ou encore codes sur les réseaux sociaux : le langage est devenu technique, et son usage tactique afin de maîtriser l’expression - jusqu'à la vider de tout sens. 
Or, comment dénoncer des faits sans les mots pour les dire, lorsque la recherche de synergies remplace le plan de licenciement, que le changement climatique supplante le dérèglement planétaire, ou que le péché de chair peut servir à qualifier des abus sexuels ? Ce qui n'est pas nommé n'existe pas, et bien des débats sont anesthésiés faute de mots clairs pour exprimer des positions et accepter la conflictualité. 
Les mots sont devenus les armes du monde contemporain, pour révéler ou bien dissimuler la vérité. Ils ont remplacé les coups d’épée meurtriers des temps anciens.
L’arène dans laquelle cette réflexion sur le langage vient se placer est le royaume d'Argos, où l'on retrouve Electre et sa volonté de venger la mort de son père, son frère Oreste tenté d’échapper à cette destinée, ainsi que leur mère Clytemnestre et Egisthe bientôt confrontés aux mots qui révéleront la vérité. 
Car le langage est l'arme dont Electre et Oreste vont se saisir, dans cette libre adaptation d'Electre de Jean Giraudoux où il s'est agi, conformément aux mots de Paul Valéry pour qui « la véritable tradition n'est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de trouver l'esprit qui a fait ces choses et qui en ferait de toutes autres en d'autres temps », de rechercher l'esprit giralducien pour appliquer ce prisme à notre monde actuel.
En mêlant la langue de Jean Giraudoux à une écriture contemporaine, comme celui-ci avait naguère entrelacé mythe antique et références modernes, il s’agit de montrer comment, selon les mots d’Albert Camus, mal nommer les choses revient à ajouter au malheur du monde.

Sébastien Bizeau
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