Sucrer les fraises

Création 2026 // Présentation aux Rencontres ACTIF 2025 – Création Avignon 2026

C’est l’histoire de Charlie, un enfant tête en l’air, et de sa grand-mère qui perd la sienne. Les adultes disent qu’elle sucre les fraises, mais il ne voit pas trop le rapport. Apprenant que sa mamie risque de se retrouver dans une mystérieuse maison si elle rate son contrôle chez le docteur de la tête, Charlie est prêt à tout pour qu’elle retrouve le chemin de sa mémoire. Mais si l’oubli était la meilleure façon de tout réinventer, pour que l’essentiel demeure ? Une histoire où le cœur dit ce que les mots ne peuvent plus transmettre.

Spectacle familial dès 7 ans. Une ode à la tendresse, une invitation à changer le regard sur le grand âge et la différence.

Texte Sébastien Bizeau

Mise en scène Justine Vultaggio

Avec Matthieu Le Goaster, Jérémie Lutz et Margaux Wicart

Note d'intention

L'idée de ce spectacle m'est venue lorsque le souvenir des rendez-vous manqués avec ma grand-mère atteinte par la maladie d'Alzheimer est venu percuter la facilité avec laquelle je suis rentré plus tard dans l'univers foutraque de mes jeunes enfants.

Sucrer les fraises pose la question du regard que nous portons sur ceux qui courent après leur mémoire, leurs idées puis leurs mots mêmes. Et, plus largement, le regard que le monde pose sur ceux que les troubles neurodégénératifs ont gagnés.

Aborder ce sujet à hauteur d’adulte amènerait à questionner la volonté de notre société d’invisibiliser les personnes âgées, depuis les conditions d’accueil en établissement parfois indignes à la tentation de confinement des seuls aînés lors du Covid.

Mais aborder cette question à hauteur d’enfant, c’est emprunter un chemin de traverse, plus personnel. C’est regarder avec le cœur, et s’interroger au présent. Peu importe où le passé s’est enfui, c’est ici et maintenant que tout se joue.

Je crois donc que la clé pour changer notre regard sur ceux qui vivent avec ces troubles réside dans l’enfance. Une enfance qui ne s’entend pas en nombre d’années mais en notre capacité à ressentir. L’enfance, étymologiquement, c’est l’absence du langage, et, avec elle, la primauté de l’instinct.

Et c’est bien de ça dont il s’agit : savoir se départir d’une approche cognitive du monde et des autres pour renouer avec notre sensibilité, celle qui nous permet d’écouter, partager, nous indigner parfois – en somme, pour retrouver notre humanité.

Sébastien Bizeau